En compagnie de son idole, l’homme fort Hugo Girard, lors d’un passage à Mashteuiatsh en 2015, François Siméon (à droite) était particulièrement fier de parler de son parcours. (Photo Pierre Gill)
Grand vainqueur des prestigieuses compétitions de portage du Grand Rassemblement des Premières Nations cette année, dans la catégorie « endurance », François Siméon a survolé l’épreuve avec un temps impressionnant de 17 minutes. Portant une charge colossale de 300 livres sur son dos, il a devancé ses quatre autres fiers compétiteurs sous les encouragements nourris de la foule et de ses mentors. « L’endurance était au rendez-vous, mais surtout, j’avais un grand sourire. J’étais tellement content », confie le champion avec la modestie qui le caractérise.
Ce succès sur le terrain est le fruit d’un travail quotidien et rigoureux. Lève-tôt de nature, François Siméon consacre au moins une heure et quart chaque jour à des entraînements ciblés de musculation (pectoraux, épaules, trapèzes, bras et jambes), complétés par de longues marches à Val-Jalbert afin de maximiser sa forme cardiovasculaire. Il est employé chez Dufresne Asphalte et il adore son travail.
Au-delà de ses exploits sportifs, la plus grande victoire de François Siméon demeure son parcours vers la guérison. Le 31 juillet dernier marquait son cinquième anniversaire de sobriété. Après des années marquées par la dépendance à l’alcool et aux drogues, il a choisi de changer de trajectoire par lui-même du jour au lendemain. Et c’est là sa plus grande victoire. Et s’il a puisé sa force à l’interne, il souligne l’apport crucial de ses proches : ses parents Florence Siméon et Guy Boivin, de même que Stacy Bossum et Karine Bégin. « C’est un jour à la fois, un pas à la fois. Il ne faut pas regarder demain, il faut juste regarder en avant », rappelle-t-il avec fierté.
Interrogé sur le message qu’il souhaite livrer à ceux qui luttent encore contre les dépendances, l’athlète de Mashteuiatsh invite avec émotion à l’action immédiate : « Si une personne a un rêve, elle doit foncer. Il ne faut pas attendre à la dernière minute, c’est maintenant qu’il faut agir. »
Pour François Siméon, ce rêve se déploie chaque matin à travers le sport et la complicité partagée avec ses parents. Cette passion l’a d’ailleurs mené à tisser des liens avec son idole de toujours, l’ancien homme fort Hugo Girard. Les deux passionnés partagent aujourd’hui une estime mutuelle et ont eu l’occasion de s’entraîner ensemble au gymnase de M. Girard, à St-Jean-sur-Richelieu, un moment fort gravé dans sa mémoire.