Myriam Duchesne, Cynthia Bégin, Germaine Dubé, Thérèse Raphaël, Marie-Madeleine Fontaine, Cynthia Lavoie-Ayotte, Leslie-Anne Germain, Tania Raphaël, Martine Germain, Sandra Launière, Chantale Niquay et Amélie Courtois ont toutes participé à Nitishpatelimitishin (je m’accorde de l’importance), un projet initié par Puakuteu, le comité des femmes de Mashteuiats, une activité qui a pris deux années à mettre en place. Au total, pour l’ensemble des participantes, elles auront parcouru plus de 400 km.
Selon l’une des responsables du projet, Johanne Nepton, arrivée en poste peu de temps avant le début du séjour, le périple en territoire a ravivé chez certaines, divers sentiments et elles se sont reconnues dans cet univers de neige et de grands espaces. Chaussant les mocassins pour ensuite enfiler les raquettes était pour elles, une sorte de retour aux sources. C’est le cas, par exemple, pour Germaine « Kukum » Dubé qui a savouré chaque instant, parfois toute seule, se remémorant les difficiles années au pensionnat, et accordant le pardon à ses parents qui, dit-elle, l’ont abandonnée sans le vouloir (à cette époque, les enfants étaient arrachés littéralement à leurs parents pour fréquenter les écoles). C’est avec une grande émotion qu’elle a revisité cet univers de blessures encore vives, et qu’elle a laissé, dit-elle, s’envoler dans la forêt lors de ce séjour.
Pour Cynthia Bégin, l’expérience fut vraiment enrichissante et agréable. « Je me suis reconnectée à la terre de mes ancêtres et le séjour fut, dans mon cas, une activité intergénérationnelle puisque j’y étais avec ma fille et ma mère; j’ai adoré mon séjour », raconte-t-elle. Pour sa part, Thérèse Raphaël s’est souvenu d’avoir marché en raquettes avec ses parents. C’était pour elle une belle expérience de pouvoir le faire avec sa fille. Elle en gardera un beau souvenir.
Bien sûr, plusieurs autres participantes ont pris la parole pour témoigner de l’expérience qu’elles ont vécue, mais toutes allaient dans la même direction : le savoir, la reconnaissance, la réappropriation de leur identité.
Outre la raquette, plusieurs autres activités étaient au programme, dont un enseignement sur l’archéologie offert par l’Université Laval, et les témoignages d’Alice et Jeanne-Mance Germain sur le sujet, une visite du conteur Patrick Courtois et ses histoires abracadabrantes, un atelier de mordillage d’écorce de bouleau préparé par Télesh Bégin, et bien d’autres encore. Et quand le soir arrivait, épuisées par leur journée au grand air, les femmes se retrouvaient pour échanger, rire, et parfois même pleurer.
Bref, l’expérience vécue par les 12 femmes de Mashteuiatsh sur les traces de leurs ancêtres a été très bénéfique et constructive. Elles sont revenues avec plein de souvenirs qu’elles aiment encore à se partager, quelques semaines après avoir vécu ces journées en territoire.
Rappelons que Puakuteu est le Comité des femmes de Mashteuiatsh, un organisme à but non lucratif dédié au bien-être, à l’épanouissement et à la défense des droits des femmes et des jeunes de la communauté de Mashteuiatsh. Puakuteu signifie « l’étincelle » en innu-aimun. Fondé en 2012 pour offrir un espace de soutien et d’entraide, Puakuteu travaille à ce que le rôle des femmes autochtones soit pleinement reconnu. Sa mission s’articule autour d’une approche holistique visant à contrer toutes les formes de violence et à favoriser la persévérance sociale.