Sandy Raphaël est la fille de M. Charles Raphaël et de Mme Marguerite Dominique. Elle a quatre enfants et six petits-enfants, tous dans la communauté de Mashteuiatsh. « Je proviens d’une famille qui a beaucoup occupé le territoire et qui l’occupe encore beaucoup. Je suis aussi très fière d’être locutrice de ma langue; j’ai quand même beaucoup d’expérience à ce niveau. Je connais bien l’organisation administrative de Pekuakamiulnuatsh Takuhikan puisque j’ai toujours travaillé ici. J’ai bâti ma carrière professionnelle dans l’organisation » raconte-elle.
En cours d’emploi dans le secteur Patrimoine, culture et territoire, Sandy Raphaël est passée de secrétaire administrative à directrice. « C’est quand même quelque chose qui est très important pour moi, parce que je suis très fière de ce parcours-là. Par la suite, au bout de 30 ans, j’ai décidé de prendre une retraite pour aller voir d’autres horizons. Puis, j’ai ouvert une petite entreprise de consultant, toujours dans le domaine de la culture, de la langue et de l’histoire, ce qui m’a permis d’obtenir quelques contrats. »
Ses implications communautaires ont été nombreuses. Sandy Raphaël a fait partie de plusieurs conseils d’administration, dont le musée, le hockey mineur et la Société de développement économique Ilnu (SDEI), pour ne nommer que ceux-là. Elle fut également commissaire pour la Commission sur la réalité sociale à Mashteuiatsh il y a quelques années. « Durant ma période de retraite, j’ai été appelée à faire du remplacement dans des postes comme celui de responsable au niveau de l’autonomisation des femmes à Puakuteu, et également directrice générale par intérim pour cette même organisation. J’ai aussi fait une transition qui a été très bénéfique, celle de directrice générale du Centre d’amitié autochtone à Chibougamau. J’ai adoré cette expérience-là. »
« J’étais toujours attirée par la culture, la langue, le territoire, mais également par les droits autochtones. La politique, ça a toujours été quelque chose qui était très présent dans mon univers, parce que je suivais ça assez régulièrement. C’est quelque chose que je trouvais toujours important, de participer aux élections, mais aussi d’exercer mon droit de vote. Ce qui m’a attiré vers la politique active, c’est un peu le parcours que j’ai fait et j’étais quand même sollicitée par des gens de la communauté qui sont venus me voir ou qui me rencontraient dans la rue. Au début, je ne voulais pas trop. Mais en même temps, plus ça allait, plus ça m’intéressait. Pour l’élection de 2025, je pense que j’ai beaucoup travaillé pour que je sois élue, finalement. Puis c’est sûr que moi, je vais apporter ma vision des choses. »
Sandy Raphaël compte mettre son bagage à contribution pour la communauté. Sa priorité? Faire en sorte de demeurer une peuple distinct. « Pour moi, le territoire, c’est la pièce maîtresse, de tout ce qui fait qui on est. Je tiens à avoir de bonnes relations avec les Katipelitakau, mais aussi avec les gens de la communauté. C’est pour ça que je trouve que la communication, c’est quelque chose qui est super important. »
Interrogée à savoir si elle a le sentiment de pouvoir changer des choses, elle répond que l’appareil administratif du conseil, c’est plus de 500 employés. « C’est quand même quelque chose qui est faisable, mais ça prend plus de temps. C’est sûr qu’il y a des belles réalisations à l’intérieur de la communauté, mais aussi de l’appareil administratif. Il faut voir aussi qu’à l’intérieur du conseil, il y a des gens qui sont très préoccupés par les enjeux et les défis qu’on rencontre aujourd’hui. Puis je pense que changer l’appareil administratif, je ne crois pas que c’était dans mes visées, mais je crois beaucoup que moi, ce que je veux, c’est porter la voix des gens pour qui je suis là. Ils m’ont élue, puis ils ont eu confiance en moi, fait que c’est pour ça que je suis là et je compte bien les représenter. »
Puis Sandy Raphaël se plonge dans un souvenir qui l’a marquée. « Ça m’a toujours fascinée de voir comment le territoire était grand à cette époque-là, quand j’avais 19 ans. De voir un monsieur, Rosaire Connolly, avec son épouse, qui était au lac Manouane. Il n’y avait pas de voiture, mais il y avait un CB. Tout repose là-dessus, la culture, la langue, la société, la politique, puis on a des repères juste sur des cartes. J’ai proposé tout de suite, dès mon entrée en fonction, de pouvoir faire une tournée puis ils ont trouvé l’idée fort intéressante, ça fait qu’on en a fait deux jusqu’à maintenant. On a été les quatre femmes élues, à aller en territoire. Puis prochainement, l’ensemble des élus, on va redémarrer ça. C’est d’aller visiter chaque famille dans les territoires. Ça fait qu’on est allé là, on est allé un peu voir qu’est-ce qui se passait par là, les opérations forestières, notamment. Puis qu’on occupe ce territoire-là, c’est important aussi de bien le voir parce que c’est différent de voir des numéros sur une carte. Oui, des lacs, mais en même temps, tu vois des rivières, tu vois des montagnes, tu vois le chemin, puis tu vois les campements des gens. »
Rappelons que le chef Jonathan Germain a attribué à Sandy Raphaël les fonctions de Droits et protection du territoire, Éducation et main-d’œuvre, Soutien à la gouvernance et comme responsabilité spécifique : déléguée aux aînés et relations avec les Katipelitakau.