La Nation Anishnabe de Lac Simon passe à l’action pour faire arrêter immédiatement les travaux liés au projet Novador. Aujourd’hui, le Chef Lucien Wabanonik, accompagné de membres de la Nation, s’est rendu sur les lieux pour remettre une sommation exigeant la cessation immédiate de toutes les activités. Opposée fermement à ce projet de mine à ciel ouvert de la compagnie mexicaine Fresnillo, la Nation dénonce l’avancement de travaux d’exploration et de développement avancés sur son territoire sans son consentement préalable, libre et éclairé.

La sommation remise sur place exige notamment que toutes les activités liées au projet Novador cessent immédiatement, que les travailleurs, entrepreneurs, équipements et véhicules soient retirés sans délai, et qu’aucun travail ne continue sans l’aval de la communauté. Par ce geste, la Nation Anishnabe de Lac Simon avise formellement les travailleurs, les entrepreneurs, les sous-traitants, le promoteur du projet ainsi que les autorités concernées que les travaux actuellement réalisés se déroulent sans le consentement préalable, libre et éclairé de la Nation. La Nation juge cette situation inacceptable et est prête à prendre les mesures nécessaires pour faire respecter ses droits.

Des autorisations délivrées malgré l’opposition de la Nation

Le projet Novador est situé à proximité immédiate de Lac Simon, à seulement huit kilomètres de la communauté, sur Anishnabe Aki, territoire ancestral non cédé au coeur de l’identité, de la culture, du mode de vie et des responsabilités de la Nation envers les sept générations futures. La Nation de Lac Simon a exprimé à plusieurs reprises et de façon formelle à l’entreprise son opposition claire et sans équivoque au projet Novador. Malgré cette opposition connue, les travaux continuent. Le ministère des Ressources naturelles et des Forêts du Québec (MRNF) a par ailleurs délivré des autorisations pour des travaux d’exploration à impacts, sans avoir obtenu le consentement de la Nation. Cette situation soulève de graves préoccupations quant au respect des droits et titres ancestraux de Lac Simon.

« Aujourd’hui, nous sommes venus porter un message clair : ces travaux doivent cesser immédiatement. Le projet Novador avance sans notre consentement, sur notre territoire et à quelques kilomètres de notre communauté. Nous ne resterons pas silencieux devant une décision qui ignore nos droits, notre territoire, notre culture et l’avenir de nos enfants », a déclaré Lucien Wabanonik, Chef de la Première Nation Anishnabe de Lac Simon.

La Nation rappelle que toute décision susceptible d’affecter son territoire ancestral doit être prise dans le respect des droits de la Nation, de son droit à l’autodétermination, de son autonomie gouvernementale et des obligations constitutionnelles de la Couronne, incluant l’obligation de consulter et d’accommoder.

« Le gouvernement du Québec ne peut pas autoriser des travaux sur notre territoire comme si notre Nation n’existait pas. Notre opposition est connue. Nos préoccupations sont sérieuses. Notre consentement n’a pas été obtenu. Dans ces circonstances, permettre que les travaux se poursuivent et s’intensifient est irresponsable et va à l’encontre des obligations constitutionnelles qui incombent au gouvernement québécois », ajoute le Chef Wabanonik.

Un processus de consultation déficient

La Nation Anishnabe de Lac Simon dénonce également le caractère inadéquat du processus de consultation mené par Québec, notamment à l’égard des travaux d’exploration à impacts depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation en 2024. Devant les lacunes répétées du processus gouvernemental, la Nation a adopté ses propres outils de gouvernance en matière d’autorisation d’activités d’exploration sur son territoire ancestral. Ces outils établissent les conditions minimales essentielles que les promoteurs doivent respecter afin que toute activité susceptible d’affecter le territoire puisse être évaluée de manière sérieuse, transparente et respectueuse.

Pas de développement sans Lac Simon

La Nation Anishnabe de Lac Simon tient à rappeler qu’elle n’est pas opposée par principe au dialogue ni à toute forme de développement. Toutefois, aucun projet ne peut être imposé sur son territoire sans respect de ses droits, sans processus de consultation réel et sans son consentement. Tout développement doit reposer sur un dialogue de bonne foi, une participation significative de la Nation aux décisions qui affectent son territoire, une reconnaissance réelle de ses droits et titres ancestraux, ainsi que le respect de ses propres mécanismes de gouvernance.

« Nous sommes ouverts au dialogue, mais pas à un processus où les décisions sont déjà prises et où les travaux avancent malgré notre opposition. Le respect commence par l’arrêt des travaux et la reconnaissance de notre droit de décider de ce qui se passe sur notre territoire », conclut le Chef Wabanonik.

La Nation Anishnabe de Lac Simon exige donc l’arrêt immédiat de toutes les activités liées au projet Novador et demande au gouvernement du Québec, au MRNF, au promoteur, aux entrepreneurs, aux sous-traitants et à toute personne concernée de respecter pleinement sa position et d’agir en conséquence.