JANVIER 2025
Un trente-cinquième anniversaire très réussi
Pas moins de 308 personnes ont pris part au souper communautaire du 25 décembre 2024, au gymnase de Mashteuiatsh. Il s’agissait de la 35e édition de ce repas qui regroupe plusieurs familles, autant dans l’organisation que dans la participation. Pour cette 35e édition, l’organisation reposait sur les épaules de Sandy Raphaël et de ses cousines Tammy-Sam Bacon, Cynthia Bégin et Anouk Raphaël. Au menu, les viandes d’orignal, de caribou, de castor, d’outarde, d’ours, de lièvre et autres, en plus des tourtières, sandwichs, salades et gâteaux. Nous avons rencontré la principale coordonnatrice de cette édition à la suite de cette activité : « C’est une organisation importante. Tout débute dès l’automne puisqu’il s’agit d’un défi au niveau du financement et de la cueillette des produits de base, comme les viandes de bois » a mentionné Sandy Raphaël.
Le chef Dominique ne sollicitera pas de nouveau mandat
Le 13 décembre 2024, le chef Gilbert Dominique annonçait sur les réseaux sociaux, qu’il ne solliciterait pas de nouveau mandat à la chefferie de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh pour les prochaines élections générales prévues pour le 2 août 2025. Nous l’avons rencontré juste avant le congé des Fêtes, soit plus de 8 mois avant la fin de son mandat afin d’en savoir davantage sur sa décision et pour aborder avec lui divers sujets d’actualité. D’entrée de jeu, le chef Dominique explique qu’il souhaite laisser la place à la relève et que sa décision permettra de susciter des discussions dans les familles et chez les individus afin de trouver une ou un candidat prêt à proposer ses services à titre de leader de la Nation. « Après plus de 22 ans en politique active, je ressens un peu d’essoufflement et je me sens un peu plus vulnérable; je pense qu’il est temps pour moi de céder ma place. »
Une rétrospective de l’année
Comme à chaque numéro de janvier, le Pekuakamiulnuatsh a présenté une rétrospective de l’année 2024, afin de dresser un historique des principaux événements qui ont marqué l’année.
FÉVRIER 2025
Mashteuiatsh perd sa doyenne à l’âge de 104 ans
Le 10 janvier 2025, Mashteuiatsh perdait sa doyenne, en la personne de Madame Hélène Jourdain, à l’âge vénérable de 104 ans. Elle a tiré sa révérence depuis le centre Tshishemishk de Mashteuiatsh. Un mois plus tôt, elle célébrait son anniversaire de naissance, elle qui est venue au monde en 1920. Non seulement Mme Jourdain dépassait le cap du siècle de vie, mais elle était l’une des dernières Pekuakamiu-ishkue à ne parler que le nelueun (notre langue). Bien sûr, elle comprenait le français, mais elle avait pour grande amie, Madame Louise Verreault qui lui servait aussi d’interprète. Elle a grandi au coin des rues Mahikan et Ouiatchouan à Mashteuiatsh et elle s’est entièrement dévouée au bien être de sa famille, parents, frères et sœurs, comme le rapportait le journal dans son édition de novembre 2020. Très jeunes, elle accompagnait ses parents et grands-parents en forêt durant les longs mois d’hiver.
Mise en place des orientations stratégiques de la Corporation médiatique Teuehikan
La radio communautaire de Mashteuiatsh opère depuis plus d’une quarantaine d’année. Au fil des ans elle s’est implantée dans la communauté de Mashteuiatsh comme un média in contournable pour la protection et la diffusion du nelueun. Au début, son antenne rejoignait à peine l’ensemble de la communauté alors qu’aujourd’hui, tous les horizons sont ouverts et accessibles grâce une diffusion plus large, une entente avec la station CKAJ de Jonquière et bien sûr, le nouveau site Web. Nous avons rencontré le directeur général de la Corporation médiatique Teuehikan, organisme propriétaire et gestionnaire de la station, M. Édouard Robertson. « Dans les années 2014-2018, la radio s’était donné un plan stratégique dont l’objectif premier était sa relocalisation. Ce plan a porté ses fruits puisque la radio jouit aujourd’hui d’un nouveau local. À mon arrivée en fonction, nous avons fait le bilan de tout ça, et nous avons préparé un nouveau plan stratégique 2022-2027 pour nous projeter dans l’avenir. »
La parole aux enfants et adolescents
Le film Ninan auassat : Nous, les enfants de la scénariste, productrice et réalisatrice Kim O’Bomsawin, est sorti en salle le 7 février 2025, laissant la parole aux enfants et aux adolescents. Le film dresse un portrait de la jeunesse autochtone en suivant le parcours d’enfants issus de différentes nations (atikamekw, eeyou, innue) durant les trois grandes périodes de l’enfance : petite enfance, préadolescence et adolescence. « J’ai voulu faire en sorte que les jeunes puissent dire ce qu’ils pensaient d’eux-mêmes et des autres; je leur ai donné toute la place qui leur revient en les écoutant. À mon avis, il y avait trop de préjugés à leur égard et je me suis intéressé à leur devenir », raconte la réalisatrice, lors d’une entrevue avec le journal.
MARS 2025
Des ateliers d’artisanat sous le couvert du nelueun
Mars est le mois des langues autochtones. Pour Iket Vollant et Paul Basilish, la sauvegarde de la langue est particulièrement importante. En préparation à ce mois tout spécial, Iket Vollant et Paul Basilish ont animé des ateliers libres d’artisanat tous les lundis du mois de février, sous l’initiative de Pekuakamiulnuatsh Takuhikan, avec pour thème NANAKU TUTAKANU IL NU-ATUSSEUN. Sans être des cours de langue, ces ateliers permettaient aux jeunes et aux moins jeunes de se familiariser avec l’art. Durant tout le mois de février, Paul Basilish et Iket Vollant ont offert des ateliers d’artisanat en mettant l’accent sur l’importance du nelueun, l’artisanat à travers les mots usuels en nelueun. Iket Vollant et Paul Basilish sont d’accord pour dire que la langue est en danger : « Nos efforts sont constants pour faire connaître le nelueun et il faut continuer à l’enseigner, le partager. Même s’ils connaissent la base du nelueun, les jeunes préfèrent s’exprimer en français » déplore Iket Vollant, elle-même locutrice aguerrie. « Il faudrait en faire davantage pour sauve- garder notre langue; quand on était jeune, on jouait dehors et c’est en nelueun qu’on parlait » ajoute son conjoint Paul Basilish.
Francis Verreault-Paul élu chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador
Le 25 février dernier à Lac Beauport, Francis Verreault Paul est devenu le nouveau chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec Labrador (APNQL). Élu pour un mandat de trois ans par les chefs des communautés autochtones du Québec et du Labrador, Francis Verreault-Paul a obtenu 58% des voix exprimés. Sur les 43 chefs des communautés représentées par l’APNQL, 36 ont pris part au vote à cette élection pour le remplacement du chef Ghislain Picard, en poste depuis 33 ans. Trois autres candidats étaient en lice pour combler le poste de chef de l’APNQL : le grand chef du Conseil de la Nation Atika- mekw, Constant Awashish, la cheffe de la Première Nation Abitibiwinni, Monik Kistabish, et la membre du Conseil du gouvernement mi’kmaq de Listuguj Cathy Martin. Un seul tour de scrutin a suffi pour élire le jeune Pekuakamiulnuatsh.
La nouvelle caserne de Mashteuiatsh est inaugurée
Le 19 février dernier, les médias et invités étaient attendus au coin des rues Mahikan et Nishk à Mashteuiatsh, afin d’assister à l’inauguration officielle de la nouvelle caserne de pompier. Construite pour répondre aux normes du domaine puisque dotée des toutes dernières technologies, la nouvelle caserne est d’une superficie totale de 987 m2. Le bâtiment appelé Ashtuehitsheutshuap (« la maison où l’on combat les incendies » en nelueun) comprend un immense garage pour les véhicules, des salles de réunions et de classes, des bureaux, un parcours de décontamination, une salle d’entretien pour les appareils respiratoires, etc.
AVRIL 2025
Le nelueun déclaré langue officielle de la nation des Pekuakamiulnuatsh
Le 31 mars dernier, une rencontre spéciale devant public de Katakuhimatsheta allait permettre à la nation des Pekuakamiulnuatsh d’officialiser le statut de sa langue, le nehlueun. Cette rencontre se tenait à la salle communautaire de Mashteuiatsh en présence du chef Gilbert Dominique et de l’ensemble des élus, au cours de la journée officiellement consacrée aux langues autochtones. La formule utilisée était celle d’une rencontre régulière des élus avec le protocole et le décorum que cela impose. La déclaration proprement dite a été prononcée par le chef Dominique, dans un premier temps en nelueun, et dans un deuxième temps, en français.
La Politique d’affirmation culturelle des Pekuakamiulnuatsh a 20 ans
C’est en 2005, plus précisé ment le 31 août, que la Politique d’affirmation culturelle des Pekuakamiulnuatsh a été adoptée par les élus de Katakuhimatsheta. Son lancement a eu lieu quelques mois plus tard, soit le 29 janvier 2006. L’année 2025 marque donc le vingtième anniversaire de ce qui est considéré par plusieurs comme étant le document de base de notre culture. Tel que mentionné dans l’édition de février 2006 du journal Pekuakamiulnuatsh, la Commission consultative sur la culture en charge de l’élaboration de la Politique d’affirmation culturelle des Pekuakamiulnuatsh, était présidée par le regretté Armand Noé Germain, qui est décédé juste avant la sortie finale du document. Lors du lancement, les élus en ont d’ailleurs profité pour lui rendre hommage.
Les entreprises de Mashteuiatsh ne sont pas épargnées
En février dernier, la Société de Développement Économique Ilnu a voulu connaître les impacts des tarifs douaniers imposés par les États-Unis sur les entreprises de Mashteuiatsh. Deux sondages ciblés ont ainsi été lancés auprès des entreprises et organismes de Mashteuiatsh et les résultats sont concluants. D’après les sondages, 20% des entreprises participantes réalisent plus du quart de leurs ventes et de leurs achats avec des partenaires des États-Unis, et près du tiers des répondants oeuvrent dans le secteur forestier, particulièrement vulnérable aux fluctuations commerciales. Rencontrée à ce sujet, la directrice générale par intérim de la Société de Développement Économique Ilnu, Johanne Genest, confirme que le secteur forestier est particulière ment touché : « 50% des entreprises de ce secteur affirment être directement menacées; elles s’attendent à des hausses importantes de coûts d’intrants et à une baisse de rentabilité. Plusieurs expriment un besoin d’accompagnement pour main- tenir leurs activités et se diversifier » mentionne Johanne Genest.
MAI 2025
Rendez-vous en canot à Pehkupessekau
Au matin du samedi 10 mai dernier, les rues de Mashteuiatsh sont silencieuses. Très peu de trafic. Une mère et son enfant marchent le long de la promenade et le lac est d’un calme inspirant devant les Tipis de béton. Une rare automobile s’aventure dans ce silence et même les maisons n’émettent plus les rires d’enfants. Mais où sont les Pekuakamiulnuatsh? Puis, le bruit d’un canot qui se dépose lentement sur le sable près du site Uashassihtsh, glissant péniblement sur la surface rugueuse que suggère cette baie. Deux hommes y prennent place avant de produire l’élan qui les fera glisser sur le Pekuakami. Ils s’embarquent, pagaies en mains, pour un trajet de plus de trois heures qui les mèneront à Pehkupessekau en traversant le Pekuakami.
Des créateurs de guitares électriques à Mashteuiatsh
Le défi était important, le rêve semblait inaccessible, mais la volonté des entrepreneurs Dany Lachance et Mathieu Grégoire de créer des guitares électriques leur a permis de démarrer une expertise dans le domaine, donnant naissance à une entreprise située sur la rue Nishk à Mashteuiatsh et qui a pour nom Meshtuk. Rencontrés à ce sujet le 9 mai dernier, les deux arti- sans ilnuatsh ont bien voulu nous en dire davantage. À la base, les deux associés sont des musiciens. Ils travaillaient ensemble pour une grande entreprise et sont rapidement devenus des amis. Ils manifestaient un intérêt pour démarrer un modeste commerce de fabrication de meubles. Ce fut d’abord une blague, celle de concevoir et de fabriquer des guitares; mais cette blague s’est vite tournée en une action sérieuse qui a tôt fait de devenir réalité.
Le chef Gilbert Dominique quitte ses fonctions
Le 23 avril dernier, le chef Gilbert Dominique créait la surprise en annonçant sur les ré- seaux sociaux qu’il quittait ses fonctions à titre de chef de la Nation des Pekuakamiulnuatsh. Quelques semaines auparavant, il avait annoncé qu’il ne solliciterait pas de nouveau mandat à titre de chef, invitant les autres membres de la Nation à s’impliquer en politique active. Sur sa page Facebook personnelle, le chef Dominique s’est expliqué ainsi : « Kuei Pekuakamiulnuatsh. Pardonnez-moi d’utiliser mon profil Facebook personnel pour vous partager une décision à la fois professionnelle et personnelle qui me concerne. »
JUIN 2025
Des résultats concluants après 10 ans d’opération
Il y a 10 ans, la minicentrale de Val-Jalbert était mise en service. Pour l’occasion Énergie hydroélectrique Ouiatchouan S.E.C. a tenu à réunir plusieurs dignitaires pour célébrer ce 10e anniversaire, jour pour jour après cette mise en opération. Résultat d’un partenariat novateur entre la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh, la MRC de Maria-Chapdelaine, la MRC du Domaine-du-Roy et la municipalité de Chambord, ce projet récolte maintenant les fruits de ses investissements. L’activité a donc permis de revenir sur tout le chemin parcouru, de souligner la vision qui a permis à ce projet d’énergie communautaire de voir le jour et de se tourner vers l’avenir. Au cours d’un 5 à 7 qui se tenait dans le vieux moulin du Village historique de Val-Jalbert, les représentants des partenaires ont applaudi les résultats obtenus, et avec raison. En 10 ans, la minicentrale a généré des liquidités de 62,5 M$ qui ont été versées aux quatre partenaires selon le pourcentage de leur participation dans le projet. Ce montant est supérieur aux prévisions initiales.
Jean-Luc Canapé et Kim Picard relèvent les témoignages de leurs ancêtres
Jean-Luc Canapé et Kim Picard étaient de passage au Musée ilnu de Mashteuiatsh le 9 mai dernier pour présenter une série de balados qu’ils ont produits et qui ont pour titre « Sous les bar- rages ». Le couple originaire de la communauté de Pessamit et vivant en territoire, raconte les aventures de leurs familles qui ont frappé le mur de la colonisation, au pied même des barrages érigés pour le développement hydroélectrique. L’idée derrière la création de cette série est née lors d’un séjour de recherche à la Station Uapishka en mars 2021, regroupant des chercheurs du département de géographie de l’Université Laval, des membres de la communauté de Pessamit et des employé.es de la station. Le séjour avait pour but de mieux saisir les particularités du patrimoine territorial innu associé à la rivière Manicouagan et d’échanger autour d’une collaboration en devenir. Ce séjour s’inscrivait à la suite des recherches doctorales de Justine Gagnon, menées en collaboration avec la communauté de Pessamit et ayant pour objectif de documenter et de visualiser les témoignages livrés à différentes époques entourant la construction des grands barrages sur le Nitassinan de Pessamit, tout en mettant en lumière la singularité du patrimoine innu issus du mode de vie nomade.
Plus de 2 M$ pour le projet Shekutamit Expérience de Mashteuiatsh
De passage à Mashteuiatsh le 2 juin dernier, la ministre du Tourisme, Mme Caroline Proulx, le ministre responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, M. Ian Lafrenière, et la députée de Roberval, Mme Nancy Guillemette, sont venus annoncer un soutien financier de 2 021 846 $ à Shekutamit Expérience pour son projet de développement. Ces argents permettront au Camping Plage Robertson de bonifier son offre touristique. Shekutamit Expérience offre un hébergement écoresponsable en camping ou en minichalet, en plus d’offrir un service de restauration. Selon la propriétaire de l’entreprise, Mme Josée Robertson, ces installations permettront également la dé-couverte de la culture et des traditions des Premières Nations.
JUILLET 2025
Quatre candidats se feront la lutte pour le poste de Chef
Pour succéder à Gilbert Dominique qui a quitté ses fonctions de chef quelques mois avant la fin de son mandat, pas moins de quatre candidats ont déposé leur candidature pour le poste de chef de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh en vue de l’élection prévue pour le 1er upahu-pishimu (août) 2025. Florent Bégin, Mélanie Boivin, Jonathan Germain et Manuel Kurtness se feront ainsi la lutte pour accéder à la plus haute fonction de la Nation. Par voie de communiqué et selon le règlement sur les élections, la présidente des élections, Me Vicky Lord, précise qu’advenant le cas où un candidat au poste de chef ne reçoit pas la majorité absolue des voix exprimées, soit 50 % + 1, un deuxième tour d’élection sera nécessaire, et il aura lieu le 8 août 2025 avec les deux candidats ayant obtenu le plus de votes.
Une expérience extraordinaire pour les 1 200 participants
Ils étaient 1 200 athlètes et environ 300 entraîneurs et accompagnateurs venus à Mashteuiatsh depuis de nombreuses communautés des Premières Nations du Québec et du Labrador pour participer aux Jeux qui se tenaient dans la communauté des Pekuakamiulnuatsh du 27 juin au 4 juillet 2025. Pour ces jeunes de 9 à 17 ans, l’expérience vécue durant ces quelques jours a permis des rencontres, la création d’amitiés et le partage de connaissances variées; un souvenir indélébile. Dès le premier jour des activités, sous une pluie battante et des vents généreux, la parade d’ouverture a dû se faire dans l’aréna du centre Amishkuisht de Mashteuiatsh, tout près du site où ont été présentés les Jeux. Mais cela n’a pas découragé les organisateurs qui ont mis tous les efforts nécessaires pour que les jeunes puissent s’épanouir dans un environnement propice aux compétitions (piste d’athlétisme, terrain de balle, aréna, terrain de soccer, etc.). Un immense chapiteau avait d’ailleurs été aménagé pour servir les quelques 4 500 repas par jour.
Guy Niquay assure que la situation a changé
Il y aura cinq ans en septembre, plus précisément le 28, Joyce Echaquan, une femme atikamekw de Manawan en Mauricie mourait à l’hôpital de Joliette à l’âge de 37 ans. On se souviendra qu’avant sa mort, elle avait enregistré un Facebook Live dans lequel on entend une infirmière et une préposée aux bénéficiaires tenir des propos dégradants à son endroit. Qu’en est-il maintenant de la situation en Mauricie? Fortement médiatisé, le décès de Joyce Echaquan en 2020, a marqué les relations entre les membres de la nation Atikamekw de Manawan et le milieu de la santé. Un an après le décès de Joyce, un Atikamekw de Manawan, Guy Niquay, devient adjoint à la PDG du CISSS de Lanaudière qui gère l’hôpital de Joliette. Nous l’avons rencontré récemment à Québec pour en savoir davantage, lui qui se donnait comme défi de faire changer la situation. En 2025, il occupe toujours ces fonctions. Connaissant les réalités et les besoins du milieu et en tant qu’Autochtone, Guy Niquay pense avoir contribué à développer de meilleurs services pour les membres de la nation Atikamekw : « On a fait de bons progrès. On intervient beaucoup directement avec les membres de la nation. Nous faisons, en moyenne, 300 interventions par mois. Nous avons mis en place une centrale de rendez-vous qui a été appuyée à l’unanimité par les membres de la nation Atikamekw et par les dirigeants des institutions de santé, y compris les syndicats qui ont applaudi l’initiative. Quand les gens appellent à l’hôpital, ils peuvent s’exprimer en atikamekw et les aînés sont particulièrement contents de pouvoir bénéficier de ce service. »
AOÛT 2025
Jonathan Germain devient Chef de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh
La Première Nation des Pekuakamiulnuatsh s’est donnée un nouveau chef, lors de l’élection générale qui avait lieu le 1er août dernier au Pavillon des arts et des traditions du site Uashassihtsh de Mashteuiatsh. L’élection avait pour but d’élire un ou une chef et six conseillers ou conseillères, appelé.es à siéger au sein de Katakuhimatsheta (Conseil des élus) pour les quatre prochaines années. C’est lors de cette élection que Jonathan Germain est devenu le nouveau chef de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh avec 673 voix sur une possibilité de 1 298 électeurs qui ont exercé leur droit de vote, récoltant ainsi plus de la moitié des votes, évitant par le fait même la tenue d’un deuxième tour. Quatre personnes avaient posé leur candidature pour le poste de chef, alors que treize personnes avaient posé leur candidature pour les six postes de conseillers ou conseillères à pourvoir.
Une page d’histoire s’écrit à l’élection de Katakuhimatsheta
Le moment est historique. Pour la première fois de l’histoire connue de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh, Katakuhimatsheta est composé d’une majorité de femmes pour le mandat de quatre années qui vient de leur être attribué. Sandy Raphaël et Julie Léveillée rejoignent ainsi les conseillères réélues Carina Dominique et Sylvie Langevin, complétant ce quatuor qui entrera dans l’histoire. Les candidats et candidates élus pour les postes de conseillers ou conseillères sont, dans l’ordre du nombre de votes obtenus : Lenny Valin (739 voix), Patrick Courtois (651 voix), Sandy Raphaël (617 voix), Carina Dominique (591 voix), Sylvie Langevin (571 voix) et Julie Léveillée (559 voix). Dans l’histoire récente de la Nation, les deux premières femmes à avoir été élues au Conseil de bande furent mesdames Alphéda Cardinal et Jeanne Courtois, pour un mandat de deux ans en 1953. Par la suite, plusieurs femmes se sont impliquées en politique mais jamais un Conseil n’avait été formé d’une majorité de femmes. Selon le livre d’histoire Tshimashkanaminu, notre chemin, des Kak8chaks aux Pekuakamiulnuatsh publié en 2023, à l’élection de 1955, les femmes participent au vote et seront 4 femmes ilnu à se faire élire sur un total de 10 conseillers. Aujourd’hui, avec un total maximal de 6 conseillers conseillères, l’histoire vient de changer.
Chantal Niquay séduite par le Ushket 5 km
Chantal Niquay pratique le Ushket 5 km depuis près de 10 ans. Adepte de la marche, elle peut maintenant courir grâce à ce programme accessible et gratuit auquel de nombreux membres des Premières Nations du Québec se sont joints dans le but d’améliorer leur santé et leurs conditions de vie. Pour Chantal Niquay, ce fut une véritable révélation; en plus d’améliorer sa santé physique et mentale, elle s’est vue reconnectée à son environnement, à la nature, aux gens qui l’entourent. Originaire de la communauté atikamekw de Manawan, son passage au Pensionnat de Mashteuiatsh au début des années 1990 aura été marquant puisqu’elle s’est attachée au Pekuakami, surtout lorsque Kukum Germaine, une autre Atikamekw de Manawan établie à Mashteuiatsh, est venue lui tendre la main, pour l’inviter à rester chez elle.
SEPTEMBRE 2025
Dre Pascale Ouellet-Dufour sauve une personne de la noyade
Médecin de famille à Mashteuiatsh, la Dre Pascale Ouellet-Dufour a eu droit à un événement qui lui a permis rapidement de mettre en pratique ses connaissances. Cet été, un homme en détresse a été secouru in extremis de la noyade, et des manœuvres de réanimation ont été nécessaires. Un geste qui n’est pas passé inaperçu par les nombreuses personnes qui se trouvaient sur cette petite plage du Pekuakami. Après avoir complété ses études en 2022, Pascale Ouellet-Dufour était fière de pouvoir pratiquer sa médecine à Mashteuiatsh où les besoins sont nombreux. Elle revient ainsi à ses origines, heureuse de mettre en pratique son apprentissage et fière d’appartenir à la nation des Pekuakamiulnuatsh. Nous l’avons rencontrée pour qu’elle raconte l’intervention qu’elle a dû faire. Le dimanche 10 août dernier, alors qu’elle était sur le bord d’une plage sur les rives du Pekuakami, elle a vu une personne flotter, sans mouvement. Elle s’est rapidement rendu compte que l’homme en question était en détresse. Sans perdre une seconde, elle et une autre dame saisissent l’homme, le ramène au bord, puis Pascale commence à pratiquer les manœuvres de réanimation qui ont porté fruit puisque l’homme a survécu à sa mésaventure.
Katakuhimatsheta et les Katipelitakau pointent leurs canots dans la même direction
Malgré tout ce qui circule sur les réseaux sociaux, Katakuhimatsheta (Conseil des élus) et les Katipelitakau (gardien et gardiennes de territoire reconnus) de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh, s’entendent pour travailler ensemble devant les effets dits « dévastateurs » des coupes forestières et du projet de loi 97 du gouvernement du Québec. Ils se sont rencontrés le 3 septembre dernier au site Uashassihtsh de Mashteuiatsh. Katakuhimatsheta poursuit donc sa démarche avec un comité provisoire composé de Paul Basilish, Jean-René Blacksmith, Diane Bossum, Rock Buckell, Daniel Courtois, Julienne Dominique et Steve Lanière, dont le mandat consiste à donner des avis ou proposer des solutions sur le contenu du projet de loi, entre autres dans le cadre des échanges de l’Assemblée des Premières Nations Québec – Labrador (APNQL) et Pekuakamiulnuatsh Takuhikan ou entre Pekuakamiulnuatsh Takuhikan et le gouvernement du Québec, ainsi que proposer des actions et contribuer à leur déploiement pour affirmer leur désaccord avec le projet de loi no 97 visant à moderniser le régime forestier.
Une célébration en nelueun
Plusieurs activités étaient au programme de la Journée commémorative des vingt ans de la Politique d’affirmation culturelle des Pekuakamiulnuatsh, qui se déroulait sur le site Uashassihtsh de Mashteuiatsh le samedi 23 août dernier. Parmi ces activités, une célébration eucharistique totalement en nelueun, présidée par le père Gérard Boudreault. Avec la chorale de Mashteuiatsh déjà habituée à offrir les chants en nelueun, voilà un tableau complet où la langue prend la première marche du podium. Le père Gérard Boudreault est un missionnaire oblat de Marie Immaculée (o.m.i.) qui comprend et parle parfaitement le nelueun, du moins celui de la Côte-Nord (quelques différences subtiles). Il a été ordonné prêtre en 1988. Depuis, de Ua- shat mak Mani-utenam à Matimekush–Lac John, d’Unamen Shipu à Pessamit, où il est établi aujourd’hui, il marche avec le peuple innu, ce qui représente presque 40 ans d’engagement sur ces terres. S’intéressant à la résurgence de la spiritualité traditionnelle innue, fasciné par l’histoire de ce peuple et son vaste territoire, le père Gérard Boudreault est très attaché au peuple innu et continue chaque jour d’apprendre à ses côtés. Il a accepté de venir célébrer à Mashteuiatsh à l’occasion de ce vingtième anniversaire.
OCTOBRE 2025
Nouvelle phase de développement pour le Musée ilnu de Mashteuiatsh
Le Musée ilnu de Mashteuiatsh procède actuellement au lancement des études techniques et de l’élaboration d’un plan d’affaires en vue de la bonification de ses infrastructures. Cette étape marque le début d’un projet structurant qui vise à améliorer de manière significative les espaces d’accueil, les espaces de conservation des collections et les zones dédiées aux services des visiteurs. À terme, cette transformation per- mettra d’offrir une expérience culturelle encore plus riche et mieux adaptée aux besoins de la communauté et des différents publics fréquentant le musée.
Le chef Germain remporte la compétition à Oujé-Bougaumou
Au début du mois de septembre dernier, le chef de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh, Jonathan Germain participait à une compétition de portage qui avait lieu à Oujé-Bougoumou, chez les membres de la nation Cri. Inscrit dans la catégorie Pro Hommes, portage Lourd, il a marché avec 800 livres sur le dos, sur une distance de 20 mètres (65 pieds).
L’accueil légendaire des Pekuakamiulnuatsh au premier plan
Cinq nations représentées, 15 communautés, 300 aînés, 100 travailleurs et bénévoles, voilà des chiffres qui expliquent tout le déploiement pour organiser le Rassemblement des aînés qui se tenait chez les Pekuakamiulnuatsh du 15 au 22 septembre 2025, plus précisément à Ushkui Shipi (Rivière aux écorces) dans la réserve faunique des Laurentides. Réalisé au coût de 445 000 $, ce rassemblement a connu un très vif succès. Rencontrée à l’issus de cet événement, la conseillère Sandy Raphaël, dont le rôle est notamment celui de déléguée aux aînés et aux relations avec les Katipelitakau, était particulièrement enthousiaste devant ce succès. Elle a tôt fait de souligner l’immense travail réalisé par les membres de la communauté des Pekuakamiulnuatsh qui ont contribué au succès de cette semaine d’automne.
NOVEMBRE 2025
Un atelier de dépeçage d’orignal intéresse les Pekuakamiulnuatsh
En raison de l’accueil réservé au Rassemblement des aînés à Ushkui Shipi en septembre dernier, il n’y a pas eu de rassemblement d’automne à cet endroit, comme ça se fait à chaque année, pour l’ensemble des membres de la communauté des Pekuakamiulnuatsh. En lieu et place, Pekuakamiulnuatsh Takuhikan a planifié quelques activités dans la communauté et en territoire, afin de conserver le lien particulier qu’entretiennent les Pekuakamiulnuatsh avec le Nitassinan. L’une de ces activités invitait les Pekuakamiulnuatsh à participer à une séance de dépeçage d’un orignal, le samedi 1er novembre dernier, au pavillon du site Uashassihtsh de Mashteuiatsh. Sous la supervision de Frédérick Raphaël, agent à Patrimoine et Culture, assisté de sa conjointe Claudia Domi- nique, l’atelier aura attiré une quarantaine de personnes venues participer à ce dépeçage.
Le maire Jean-François Boily souhaite le maintien des bonnes relations avec les Pekuakamiulnuatsh
Le maire de la ville de Rober val, nouvellement élu, Jean- François Boily, se dit ouvert au maintien des bonnes relations avec les Premières Nations, dont ses proches voisins de Mashteuiatsh. Rencontré au surlendemain de son élection, le maire Boily souhaite développer des partenariats avec les Pekuakamiulnuatsh, dans un esprit de solidarité et de respect mutuel. L’homme d’affaires robervalois a défait le maire sortant, Serge Bergeron. Avec 1 261 voix de majorité. Il a obtenu 2 531 (66,6%) votes alors que son adversaire a terminé la course avec 1 271 (33,4%) votes. Le maire Boily et le chef des Pekuakamiulnuatsh, Jonathan Germain, se connaissent. Ils sont tous les deux du même âge. Ils ont eu l’occasion de se rencontrer peu avant l’élection du maire, ce dernier mentionnant que s’il était élu, il souhaitait maintenir les relations enviables qui unissent les deux peuples.
Les commentaires des participants sont très positifs et constructifs
L’initiative de Mme Lise Gill, d’offrir à l’organisation du Rassemblement des aînés 2025 un cahier de commentaires permettant aux participants de s’exprimer, a permis cette reconnaissance à travers des commentaires très positifs et constructifs. Déposé sur le site du RDA à l’issus de l’activité de septembre dernier, plusieurs participants ont tenu à exprimer leur appréciation. L’entrée en matière signée Lise Gill se lisait comme suit : « Tshinishkumitinau de nous parler de votre séjour sur Nitassinan de Mashteuiatsh ». Cela aura suffi pour déclencher une véritable avalanche de bons mots pour cette organisation. Nous avons partagé quelques-uns de ces commentaires, à commencer par celui de l’une des principales organisatrices de l’événement, Mme Aliss Germain : « Milu-Ta kushinuk! Minuatsh Pekuakamitsh. Thisnishkumitinan Pekuakamiulnuatsh. Kassinu kie. Takuhikan Pekuakamiulnuatsh 2025! » Ont suivi, de multiples commentaires additionnels, les participants acceptant de se prêter au jeu.
DÉCEMBRE 2025
Une gouvernance partagée sur une partie du territoire ancestral
Le Conseil de la Première Na tion des Innus Essipit, Pekuakamiulnuatsh Takuhikan et le Conseil des Innus de Pessamit ont annoncé la signature d’une Déclaration d’engagement commune concernant Tshitassinu tshiuetunussit, un territoire ancestral commun non cédé situé sur Nitassinan. Ce terme signifie « Notre territoire, dans la région du sud » et était désigné auparavant comme étant la « Partie sud-ouest » de Nitassinan. Dans un communiqué conjoint émis par les parties impliquées, il est mentionné que les trois Premières Nations s’engagent à bâtir une structure de gouvernance innovante fondée sur le respect, la responsabilité et la solidarité. « Cette gouvernance vise à concilier le développement des ressources naturelles avec la préservation et le partage de nos pratiques traditionnelles, dans une perspective durable et respectueuse de la Terre-Mère. En tant que Nations souveraines sur leur territoire, les Premières Nations d’Essipit, de Mashteuiatsh et de Pessamit souhaitent se positionner comme actrices clés dans la construction d’un modèle de gouvernance autochtone porteur d’avenir, favorisant la collaboration et la défense des droits et de la dignité de la Nation innue », mentionnait le communiqué.
Un premier bilan après cent jours au pouvoir
Après 100 jours au pouvoir, tous les politiciens sont invités à faire un premier bilan de leur mandat. C’est dans cet esprit que nous avons rencontré le chef de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh, Jonathan Germain, quatre mois après son élection. Lors de l’entrevue qui s’est tenue à son bureau le 28 novembre dernier, le chef Germain a accepté de répondre à nos questions. D’entrée de jeu, le chef Germain a bien voulu nous donner un aperçu de la lecture qu’il fait de sa communauté après quatre mois au poste de chef de la Première Nation. « Je constate qu’il y a beaucoup de gens qui veulent nous rencontrer, qu’ils veulent voir notre positionnement pour leurs pro- jets. J’accepte généralement de rencontrer ces personnes et par la suite, j’agis comme un répartiteur en référant les personnes dans les différents services qui les concernent dans l’organisation. Au niveau du regard que j’ai face à notre population, je trouve que ça se passe bien en général mais il faut continuer à travailler fort pour mener la communauté à des niveaux supérieurs, en arriver à une bonne qualité de vie. » De multiples autres sujets d’actualité ont ainsi été abordés lors de l’entrevue.
Ernest Awashish – Un Grand Chef au service de son peuple
La Nation Atikamekw et l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) annonçaient récemment le décès d’Ernest Awashish, ancien Grand Chef et figure marquante de la communauté atikamekw. M. Awashish avait été élu Grand Chef le 20 septembre 2002, lors d’une des premières élections à suffrage universel de la Nation Atikamekw. Il a joué un rôle central comme négociateur en chef, contribuant à la défense des droits territoriaux des Atikamekw et à l’affirmation de leur identité, notamment autour du Nitaskinan, le territoire ancestral atikamekw. Un communiqué émis par le Conseil de la Nation Atikamekw mentionnait que la Nation perdait un leader visionnaire qui a fortement marqué son histoire politique et culturelle.